La COP25 : clap de fin. Que faut-il en retenir ?

16/12/2019

La COP25, conférence sur le climat de l’ONU, s’est clôturée ce week-end. Du 2 au 15 décembre, les États du monde entier se sont réunis pour adopter des mesures face à l’urgence climatique. Les conclusions sont-elles à la hauteur des espérances ? Ou bien confirment-elles le fiasco de l’accord de Paris ?

cop25

Présidée par le Chili, mais relocalisée à Madrid à cause de l’instabilité qui frappe actuellement le pays, la COP25 devait sauver l’accord de Paris d’un naufrage total. Le verdict est malheureusement peu réjouissant. Suite à deux semaines de conférences et de négociations, la seule chose sur laquelle les États participants semblent être d’accord… c’est que la COP26 à Glasgow l’année prochaine sera décisive. Encore une prolongation d’un an des discussions, en somme. 

La déception est palpable pour les militants qui marchent derrière Greta Thunberg, la jeune suédoise devenue icône de la lutte pour le climat. Le slogan de cet événement était pourtant “Time for action” – “il est temps d’agir” en français. Manifestement, le temps est relatif pour nos chefs d’État.

>> Lire aussi : Grève mondiale pour le climat : est-ce que ce sera suffisant ?

Tout n’est cependant pas si noir. Effectivement, bien que les plus gros pays émetteurs restent peu coopératifs, l’Union Européenne fait meilleure figure. En marge de la COP25, la Commission Européenne s’est ainsi réunie à Bruxelles le 12 décembre pour adopter un “Pacte Vert”. Cet accord vise la neutralité carbone d’ici 2050.

 

Les enjeux de la COP25

La COP25 avait pour objectif “d’accomplir plusieurs tâches pour la réalisation intégrale de l’accord de Paris sur le changement climatique”, selon l’ONU. En bref, place au concret. Car l’urgence est là, plus inquiétante que jamais.

De fait, alors que la situation climatique actuelle requiert une diminution du rejet de CO2 dans l’air, on constatait que les émissions de gaz à effet de serre avaient en réalité augmenté de 0,6 % en 2019. Si ce rythme est tenu, il sera très compliqué de limiter le réchauffement climatique à +1,5 °C, comme le prévoient l’accord de Paris.

En outre, un des points les plus houleux de l’accord était le règlement des marchés de carbone (un système d’échange de quota d’émission). Force est de constater qu’au bout des deux semaines de conférence, il n’y a pas eu d’avancement à ce sujet

 

Les gros pays émetteurs campent sur leurs positions

Les États-Unis, l’Inde, la Chine, le Japon ou encore le Brésil (pour ne citer qu’eux) ont montré peu de volonté à durcir leurs ambitions climatiques.

Ce n’est malheureusement pas une surprise, notamment pour le pays de l’Oncle Sam. Le président américain Donald Trump a en effet officialisé en novembre 2019 le retrait des États-Unis de l’accord de Paris dès 2020. Quant à Ravishankar Prasad, le négociateur indien, il se montre intransigeant. Il déclare en outre qu’il n’y a aucune raison que l’Inde adopte des mesures plus ambitieuses, quand d’autres nations ne respectent pas leurs objectifs.

C’est la consternation pour tous les autres pays qui tentent de sauver l’accord de Paris. La pilule passe d’autant plus mal pour les États insulaires, premiers menacés par le réchauffement climatique.

 

Le “Green Deal” de l’Europe

L’Europe ne suit heureusement pas le même chemin et a adopté jeudi 12 décembre à Bruxelles un Pacte Vert. Bien que cette mesure ne fasse pas partie du cadre de la COP25, elle ne peut être totalement dissociée des débats qui prenaient place à Madrid au même moment. 

Le Green Deal européen prévoit ainsi une réduction de 50 à 55% d’émission de CO2 d’ici 2030 pour finalement atteindre la neutralité carbone en 2050. La quasi-totalité des membres de l’UE a voté en faveur de ce pacte. Seule la Pologne, encore trop dépendante du charbon, ne ratifiera pas cette nouvelle mesure. Elle n’émet cependant aucune réserve pour sa mise en place chez les autres États-membres.

Greenpeace reste néanmoins sceptique quant au contenu de ce Pacte Vert. L’ONG considère en effet que les objectifs sont toujours insuffisants et que trop de zones sombres subsistent quant à l’exécution.

 

Et maintenant ?

« Nous ne devons pas abandonner, et je n’abandonnerai pas. », déclarait le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, malgré sa grande déception. Si Madrid a été un échec, il faudra désormais compter sur la COP26 en 2020 à Glasgow pour espérer un dernier sursaut d’espoir. 

Des mesures à la hauteur de l’urgence climatique sont encore possibles, mais un travail important sera nécessaire pour y parvenir. Le nœud du problème reste le même : 

  • adopter des mesures fortes et durables pour limiter la hausse de température mondiale à +1,5° maximum ;
  • Mettre en place les moyens financiers et technologiques nécessaires pour les implémenter ;
  • Convaincre en parallèle les nations les plus polluantes que la survie globale vaut mieux que les intérêts politiques et économiques propres à chacun.

Une course contre la montre se joue actuellement, mais ce qui attend notre planète à la ligne d’arrivée peut encore être une promesse de prospérité. À condition d’agir maintenant.

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