Engie : des éoliennes à ultrasons pour protéger les chauves-souris

16/10/2019

Engie effectue actuellement le premier test européen d’un dispositif à ultrasons dans un de ses parcs éoliens wallons. Cette technologie devrait permettre d’éloigner les chauves-souris des pales des éoliennes et ainsi leur éviter des accidents mortels.

Installation éolienne ultrasons

Pendant longtemps, les chauves-souris — aussi appelées chiroptères — ont fait l’objet de croyances populaires qui leur prêtaient des qualités lugubres. Heureusement, l’étude moderne de ce sympathique mammifère volant a fait voler en éclat les idées reçues et a réhabilité son image (et non, la grande majorité des chauves-souris ne s’abreuvent pas de sang !). Mais plus important encore, les scientifiques ont mis en lumière son rôle crucial dans l’écosystème. Très voraces d’insectes en tout genre, les chiroptères sont en effet essentiels pour éviter la prolifération de moustiques et protéger les récoltes de nuisibles en tout genre.

Étant donné leur statut d’animal protégé, il devenait urgent de développer une solution pour baisser leur taux de mortalité causée par les éoliennes. De fait, en pleine activité, ces dernières dégagent de la chaleur, ce qui attire les insectes, et par conséquent, les chiroptères. Inutile de préciser que s’approcher des pales d’éoliennes en mouvement peut s’avérer extrêmement mortel.

 

Un nouveau système à ultrasons

Actuellement, la solution la plus commune est d’ordre préventif. Ainsi, les éoliennes sont mises à l’arrêt lorsque les conditions météorologiques sont propices à la présence de chauves-sous. Ce système présente néanmoins des inconvénients, tels que la perte de productivité (jusqu’à 2,5% par an), ainsi que les erreurs approximatives du système (environ 5% de marge d’erreur). C’est pourquoi une société américaine, NRG Systems, a mis au point un système à ultrasons qui pourra éloigner de façon plus dynamique et précise ces mammifères volants lorsqu’ils s’approchent trop près des éoliennes en mouvement (voir la vidéo en anglais).

En bref, il s’agira d’installer des haut-parleurs sur les nacelles des éoliennes. Ceux-ci émettront des ultrasons entre 20 et 50 kHz, inaudibles pour l’oreille humaine, mais perturbants pour les chauves-souris. Avec cette installation, les éoliennes pourront continuer à tourner sans crainte de les blesser mortellement.

Les tests effectués dans l’Illinois en 2018 ont indiqué que la mortalité avait chuté de 67% en moyenne.

 

Premier test européen sur un site wallon

Les tests effectués aux États-Unis ayant été concluants, NRG Systems propose désormais son dispositif de notre côté de l’Atlantique. Le premier site européen à tester cette solution se trouve en Wallonie, près de Huy. Il s’agit du parc éolien de Modave, géré par Engie. Depuis juillet 2019, cinq éoliennes du parc sont équipées de ces haut-parleurs à ultrasons. Le test devrait se poursuivre jusqu’à fin octobre 2019.

Les résultats ne seront pas analysés avant 2020 et il est fort à parier que des réglages supplémentaires seront nécessaires. Néanmoins, ce nouveau système offre indéniablement de bonnes perspectives pour améliorer la survie de nos amis chiroptères.

Le parc Modave ne se contente d’ailleurs pas du seul dispositif à ultrasons, puisque les éoliennes testées sont également équipées de caméras infrarouges et de micros. Ces installations supplémentaires devraient rendre la détection effective de chauves-souris encore plus efficace et permettre d’identifier les espèces présentes sur le site.

>> Voir aussi: Fonctionnement d’une éolienne

 


Sources : Engie, Renouvelles, NRG Systems (site en anglais)

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