Grève mondiale pour le climat : est-ce que ce sera suffisant ?

26/09/2019

Depuis vendredi dernier, les militants pour le climat multiplient les actions de sensibilisation un peu partout dans le monde. Des grèves sont prévues tout le long de la semaine pour mettre la pression sur les dirigeants internationaux, présents à New-York pour le « Sommet Action Climat » de l’ONU. Mais est-ce que ces manifestations seront suffisantes pour faire basculer les enjeux énergétiques actuels ?

Actions pour le climat

« Nous sommes en train de perdre la course ». Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations Unies, a fait de la question climatique l’une des priorités absolues de son mandat. Alarmé, mais pas défaitiste, il a convié les Etats du monde entier à un sommet exceptionnel sur le climat lundi dernier. L’objectif : mettre un coup de pression sur les dirigeants pour qu’ils s’engagent d’une part à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, et d’autre part à présenter des objectifs climatiques nationaux plus ambitieux en 2020. Il faut dire que les fameux accords de Paris négociés en 2015 auraient bien besoin d’être rappelés aux agendas de nombreuses nations.

« Nous ne sommes pas ici pour négocier, car on ne négocie pas avec la nature » a martelé Guterres dans son discours introductif. Il a ainsi rappelé que la finalité de l’événement était d’obtenir de la part des Etats des engagements concrets, notamment pour refonder leur politique énergétique afin de favoriser le renouvelable et mettre fin aux subsides aux énergies fossiles.

Bien que 66 Etats se soient désormais engagés pour la neutralité carbone d’ici 2050, certains experts du climat estiment que le discours des dirigeants est resté décevant au terme du sommet. Ils déplorent que les grands pays émetteurs comme la Chine et l’Inde soient encore trop vagues sur leurs engagements, et que les Etats-Unis restent en marge des discussions, malgré une brève apparition du président Donald Trump dans la salle. Les choses peuvent cependant encore changer. D’ailleurs, le prochain grand rendez-vous climatique, la COP26 qui se déroulera fin 2020, permettra probablement d’en juger.

 

Les citoyens mènent le mouvement

En attendant, les militants écologistes n’ont pas l’intention de rester les bras croisés. En effet, leur mobilisation a commencé dès vendredi dernier, premier jour de la semaine internationale du climat, et se poursuivra jusqu’à ce vendredi 27 septembre. De Bruxelles à Séoul, en passant par Madagascar ou San Francisco, des manifestants de tous les continents déferlent dans les rues en réclamant d’une seule voix une autre politique énergétique. Après des mois de rassemblements, ce mouvement initié par de jeunes étudiants en mars dernier s’est étendu à toutes les strates de la population. Sommet de l’ONU ou non, les dirigeants ne peuvent désormais plus éluder la question : que proposent-ils pour résoudre la crise climatique que l’humanité traverse ?

Car ce ne sont pas les solutions durables qui manquent. Malheureusement, c’est au niveau de l’implémentation que les choses coincent. Et si le sommet organisé par l’ONU aura sans nul doute activé des actions concrètes, personne ne sait si les engagements discutés lundi dernier seront réellement tenus dans les temps impartis (ou s’ils le seront tout court !). Que peut-on faire alors au niveau personnel pour faire avancer les choses ?

 

la fin des énergies fossiles: une nécessité

Dans une vidéo devenue virale dès sa mise en ligne, Greta Thunberg, la jeune activiste pour l’environnement devenue porte-parole de sa génération, n’a pas manqué de rappeler les solutions les plus fondamentales pour stopper le réchauffement climatique : l’arrêt de l’exploitation des énergies fossiles et la reforestation. Tout simplement.

>> A lire : Le reboisement massif : une solution pour la planète ?

Présente elle aussi au Sommet Action Climat lundi dernier, elle n’a pas hésité à interpeller les chefs d’Etat sur leurs responsabilités envers la crise climatique. Malgré la force de son discours, on est en droit de se demander si son influence et celle de tous les militants derrière elle suffiront à faire fléchir les politiques énergétiques actuelles.

Ce qui pourrait aider à faire pencher plus franchement la balance en faveur des énergies propres, c’est que populations et entreprises fassent pression ensemble sur l’économie de l’industrie énergétique. En effet, celle-ci reste soumise à la même loi de l’offre et de la demande qui s’applique partout ailleurs. Tant que la demande pour les énergies fossiles augmentera, il y a peu d’espoir de voir une baisse de l’offre ; ou si c’est le cas, cela passera par une augmentation de prix exorbitante du baril de pétrole. Il faudrait donc consommer moins, c’est une première chose, mais également consommer autrement. De fait, si les entreprises et les citoyens commençaient à choisir massivement des solutions d’énergie verte, comme le solaire et l’éolien pour ne citer que les plus connues, l’offre pour ces solutions devrait forcément suivre, ce qui obligerait les Etats à réformer leurs budgets énergétiques afin de favoriser leur développement.

 

Une transition énergétique qui doit venir de tous

Adopter des solutions durables

Certaines multinationales comme Google ou Unilever tentent déjà de montrer l’exemple. Elles ont en effet doté leurs bâtiments d’installations pour générer eux-mêmes l’énergie qu’ils consomment et s’assurer qu’elle soit 100% renouvelable. Ces initiatives restent marginales, mais si elles se multiplient, il faudra bien que l’économie de l’énergie se détache du fossile pour transitionner vers ce genre d’installations durables afin de répondre à la nouvelle demande.

Il est à noter que de nombreuses nouvelles technologies apparaissent tous les jours pour faire de cette transition énergétique une réalité économiquement viable et durable. On notera, par exemple, le potentiel du photovoltaïque organique, qui permettrait à terme de doter n’importe quel bâtiment de ses propres panneaux solaires de façon harmonieuse.

Côté citoyen, de nombreuses initiatives personnelles existent également. A l’instar des entreprises citées, certains propriétaires ont aussi doté leur maison d’installations pour auto-générer la totalité de l’énergie qu’ils consomment. Ces maisons reliées à aucun réseau de distribution sont dites « autonomes ». S’il est vrai que ce n’est pas toujours à la portée de toutes les bourses, il reste tout à fait possible de choisir des solutions plus modestes pour diminuer sa consommation d’énergie. On peut par exemple commencer par simplement mieux isoler sa maison, afin de limiter les pertes énergétiques, ou installer des panneaux solaires classiques pour produire déjà une partie de son électricité.

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Des initiatives écologiques à la portée de toute les bourses

En outre, les budgets nécessaires ne sont plus un obstacle aujourd’hui, notamment grâce aux groupements d’achats organisés par Wikipower. En effet, cette initiative permet de réunir un grand nombre de personnes intéressées par l’investissement afin d’en faire diminuer le prix final.

>> A découvrir: les achats groupés en Technologies Durables de Wikipower

Enfin, si un logement ne se prête pas à ces types d’installation (immeuble ou maison ombragée), il est toujours possible de choisir des fournisseurs d’énergie qui utilisent le renouvelable de façon majoritaire dans leur mix énergétique. En Belgique, on notera les coopératives telles que Cociter ou Ecopower, ainsi que d’autres fournisseurs plus classiques qui font un réel effort dans la transition énergétique, comme Eneco. La bonne nouvelle, c’est que les achats groupés d’électricité verte sont également possible.

Chacun à notre niveau, il est possible de contribuer à la transition énergétique afin que ces petits initiatives deviennent la norme plutôt que l’exception. Ce serait en tout cas le meilleur scénario pour la planète.

 

 

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