Le reboisement massif : une solution pour la planète et le climat ?

21/08/2019

Le reboisement massif constitue-t-il une solution pour la planète et le climat ? Selon une étude récente, le reboisement de le la Terre pourrait ramener le taux de carbone à celui du début de l’ère industrielle.

 

 

1000 milliards d’arbres pourraient être plantés

Dans une étude récente, une équipe de chercheurs suisses est arrivée à la conclusion réjouissante que le reboisement de le la Terre pourrait ramener le taux de carbone à un taux équivalent à celui du début de l’ère industrielle. Cela correspond pourraient réduire de 25 % le niveau de CO2 dans l’atmosphère. Ces scientifiques estiment que 0,9 milliard d’hectares pourraient être reboisés, soit 1.000 milliards d’arbres et l’équivalent de la superficie des États-Unis. La Belgique fait partie des pays dans lesquels une reforestation est envisageable.

Dans la même lignée, de nombreux pays se sont déjà lancés dans de vastes programmes de reforestation. En juillet, l’Éthiopie a établi le nouveau record mondial avec 350 millions d’arbres plantés en une seule journée. Le Pakistan devrait planter 10 milliards d’arbres d’ici 2023. L’Inde quant à elle s’est engagée à reverdir 95 millions d’hectares de forêts avant 2030. L’Australie vise également à planter un milliard d’arbres d’ici 2050. Le phénomène est tel que même les villes s’y mettent. Milan notamment a pour objectif d’améliorer la qualité de l’air et de l’environnement de ses habitant en obtenant 3 millions d’arbres d’ici 2030. Une liste non exhaustive qui dresse un bilan positif pour la planète.

Image Reboisements massifs

C’est un record. Le 29 juillet 2019, l’Éthiopie a planté 353.633.660 arbres en seulement 24 heures. (© environnement-afrique.com)

 

Un impact positif pour le maintien de la biodiversité

La reforestation aurait également un impact positif sur la protection de la biodiversité puisque environ 80% de la biodiversité terrestre protégée vit au sein des forêts. « Et donc, si on arrive à restaurer ces écosystèmes, on restaure l’habitat nécessaire pour le maintien de cette biodiversité. C’est un gros exemple de quelque chose qui n’a rien à voir avec le climat directement, mais qui permet d’avoir un impact très positif sur notre planète. » explique Jean-François Bastin, chercheur à l’École polytechnique fédérale de Zurich

Pour Yann Laurans, directeur du programme biodiversité à l’Institut du développement durable et des relations internationales, « Cela peut être très bénéfique si l’on réimplante des espèces locales et variées dans une zone qui avait été abîmée, voire déforestée ». A l’inverse,  une plantation industrielle, avec les mêmes arbres alignés, dans un espace qui n’avait jamais été boisé auparavant pourrait avoir des conséquences désastreuses. Pour éviter ce phénomène, une nouvelle méthode d’ensemencement appelée « muvuca » a vu le jour en Amazonie. En Portugais, « muvuca » signifie « beaucoup de personnes sur une surface réduite ». Avec cette technique, 200 espèces locales d’arbres différents sont planté sur chaque m2. Là où la méthode traditionnelle permet de faire pousser 160 arbres par hectare, la technique « muvuca » permettrait le développement de 2500 arbres sur cette même surface.

 

Une réelle solution miracle ?

Bien que ce premier bilan est positif, il faudra faire face à de nombreux enjeux pour atteindre les résultats annoncés. Tout d’abord, il faudra de nombreuses années avant que le reboisement actuel ait un impact réel. Jean-François Bastin en est conscient : « Planter un arbre ne prend pas beaucoup de temps, mais le temps que ces arbres accumulent le carbone et arrivent à maturité, pour certaines forêts ça peut prendre 10 ou 20 ans, mais pour d’autres forêts ça peut prendre 80, 90 ou 100 ans. Ça prend donc plusieurs décennies en moyenne pour pouvoir y arriver. »

Selon plusieurs études, les activités humaines fragilisent les forêts, qui n’arrivent plus aussi bien à jouer leur rôle de puits de carbone. De plus, les forêts artificielles, créées par l’homme semblent moins efficaces pour stocker le CO2. Notons également que lors des actions de reboisement massif, seul un certain pourcentage des arbres survivent et arrivent à maturité. Les arbres fraichement plantés sont moins résistants, et sachant qu’un bois qui meurt entraîne la libération de CO2, cela peut avoir l’effet inverse.

 

La priorité : stopper la déforestation 

Les chercheurs et les militants disent « oui » au reboisement massif, avec la condition qu’il soit fait de manière réfléchie et dans des zones dévastées par les tronçonneuses. En effet, le reboisement ne permettra pas aux écosystèmes détruits de redevenir aussi riches avant de nombreuses années. L’enjeu prioritaire serait donc de stopper la déforestation. Il faut « préserver les 15 millions d’hectares qui disparaissent chaque année », dit Clément Sénéchal, référent politiques climatiques et forêts pour Greenpeace France, et réduire les émissions de CO2 en amont.

 

Sources : 

RTBF, Futura Sciences, Lejd, 7sur7, Revolution énergétique, Environnement Afrique

 

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