Comment lancer sa start-up sans levée de fonds ?

26/04/2019

Si les levées de fonds parsèment l’actualité de l’écosystème start-up, elles ne sont ni une fin en soi, ni un passage obligé. Certaines belles entreprises ont réussi sans avoir recours à des investisseurs extérieurs et en faisant le pari du « bootstrapping ».

Le « bootstrapping »

Démarrer avec ses propres moyens porte un nom dans l’univers des start-up : le bootstrapping, en bon anglais. Comprenez l’autofinancement. Certains parlent aussi de slow start-up. L’idée : se lancer avec ses propres ressources et les revenus générés par son business, utiliser le système D, jouer la carte de la débrouille… C’est faisable pour tester son idée et démarrer. Bruno Wattenbergh, professeur à la Solvay Brussels School of Economics, aime cette approche en phase de seed (démarrage) de la vie de la start-up. L’intérêt ? Ne pas être dilué par une levée de fonds en vue de la seule validation de son projet ou pour les premières étapes de sa mise en oeuvre. Différentes solutions existent d’ailleurs pour soutenir un lancement en mode bootstrap. Cela demande, certes, une agilité qui n’est pas donnée à tout le monde… mais qui présente une série d’avantages.  » Cela permet aux fondateurs de se concentrer sur leur business, insiste Cédric Donck. Se faire financer peut constituer une énorme perte de temps. Pendant environ six mois, il faut aller se présenter à des investisseurs, monter un dossier, etc. Et pendant ce temps, il est difficile de se concentrer sur son business et d’aller chercher des clients. Sans compter qu’une fois que la start-up a fait entrer des actionnaires, il faut encore les gérer. C’est aussi un véritable travail… « .

Les exemples de jeunes pousses qui ont grandi seules ne sont pas légion en Belgique. Mais elles existent. La plateforme WikiPower, par exemple, est devenue un business à 2 millions d’euros qui emploie 22 personnes (bientôt 30) sans jamais avoir réalisé d’augmentation de capital auprès d’investisseurs extérieurs. Wikipower, fondée en 2011, propose aux particuliers des achats groupés dans les domaines de l’énergie (électricité, gaz, photovoltaïque, pellets, etc.) ainsi qu’un comparateur de prix. L’affaire a été rendue possible grâce au développement d’une plateforme numérique que les fondateurs ont eux-mêmes créée.  » Nous nous sommes développés en mode lean, étape par étape, en misant sur l’amélioration continue, raconte Maxime Beguin, fondateur et CEO de la scale-up. D’abord, notre site proposait une version simple et basique. Il a été amélioré au fur et à mesure que nous en avions la possibilité.  » Au départ, les achats groupés de Wikipower concernaient 2.500 personnes, une audience qui a été largement multipliée puisqu’en 2018, 45.000 ménages se sont retrouvés dans le même achat groupé. L’activité est relativement rentable : pendant plusieurs années elle a permis à Wikipower de dégager 50% de bénéfice avant impôt. Pas moins de 500.000 euros en 2016 sur un revenu d’un million d’euros ! Une réserve plutôt utile pour la start-up :  » Le principe des achats groupés nécessite de pouvoir tenir financièrement entre la campagne de promotion de l’achat groupé et le moment où il se réalise et où l’entreprise touche l’argent, explique Maxime Beguin. C’est parfois un grand écart au niveau de la trésorerie. Il faut avancer pas mal d’argent pour payer les équipes, etc. On a longtemps pu le supporter avec l’argent généré par notre activité « .

Mais en 2017, vu l’importance de ses achats groupés, la jeune pousse est allée trouver sa banque pour un emprunt. Mais toujours pas de levée de fonds : Maxime Beguin préfère rester le principal actionnaire de son entreprise.  » On aurait pu lever de l’argent mais cela ne s’est pas révélé nécessaire « , assure-t-il.

Lire l’article complet sur le Trends Tendance ici.

← Voir tous les articles